COMITÉ DE NORMALISATION : UNE PROROGATION ET DES INTERROGATIONS

24 mars 2014 0

Avec la prorogation de huit mois du mandat du Comité de normalisation de la Fécafoot, plusieurs questions s’imposent, notamment sur la qualité du travail effectué, sur la durée de cette prorogation et sur la confiance à accorder aux membres dudit comité. Voilà, c’est fait ! Joseph Owona a obtenu la prorogation dont il rêvait et comme ses sbires le chantent depuis hier, il devrait conduire la délégation du Cameroun à la prochaine Coupe du Monde. Seulement, cette prorogation, si elle était attendue, laisse tout de même perplexe et songeur. Et si le champagne a coulé à flot chez certains hier, les choses pourraient bien ne pas être aussi simples qu’elles n’apparaissent à première vue. D’abord il y a la durée du nouveau bail du comité de normalisation qui est de 8 mois, soit autant que la durée du mandat initial. Une prorogation longue durée qui laisse penser que les huit premiers n’auront pas servi à grand-chose, à moins que la Fifa n’ait

<< sous-estimé le travail à faire au Cameroun >>, comme l’a laissé entendre Primo Corvaro la semaine dernière à Yaoundé. Au Gabon que Monsieur Owona aime citer en exemple, la Fifa avait dans un premier temps donné un mandat de quatre mois au Comité de normalisation, avant de lui accorder deux prorogations de deux mois chacune. Il apparaît
donc inédit que la Fifa proroge un mandat d’une durée identique à la durée initiale. Les statuts du Cameroun seraient-ils différents de ceux du Gabon ou encore de ceux du Maroc où les membres du Comité de normalisation n’ont pas eu besoin de plus de 25 jours pour toiletter et faire adopter leurs statuts par la Fifa ? Seule une communication spéciale sur les motivations de la Fifa pourrait nous éclairer là-dessus. Ensuite il y a la qualité du travail accompli. Il est de notoriété
publique que les statuts de la Fifa ne se triturent pas n’importe comment et ne se cuisinent pas comme on veut. Il existe des statuts standards sur les lesquels la Fifa est très à cheval et sur lesquels toutes les associations nationales doivent s’aligner, nonobstant quelques spécificités locales comme la démographie et les découpages administratifs, entre autres. Comment donc comprendre qu’en 8 huit mois le Comité de normalisation de la Fécafoot n’ait pas été capable de toiletter les statuts de la Fécafoot ? Si elle n’a pas été capable de le faire et que les élections ne peuvent être organisées parce que << les textes ne sont pas adéquats >>, comme l’a souligné Primo Corvaro,
qu’est ce qui nous dit qu’ils en seront capables dans huit mois. Sur les 11 membres du Comité de normalisation, 4 sont des professeurs agrégés de Droit et le travail n’aurait dû en être plus simplifié. Au lieu de cela, l’on a besoin d’une rallonge pour réécrire quelques articles des statuts de la Fécafoot. Une personnalité de cette République à qui nous avons demandé un avis sur le Comité de normalisation et son désir de voir proroger son mandat a eu une réflexion des plus censées la semaine dernière. << Quand pour un devoir de classe on accorde trois heures, les élèves brillants bouclent l’affaire en 1h, les élèves moyens en terminent en 2h ou 2h30. Si après 3h vous avez un élève qui vous demande de lui accorder ne serait-ce que 15 minutes de plus, c’est qu’il n’a rien compris et vous pourriez lui donner 1h supplémentaire qu’il n’en aura pas terminé >>, nous a dit cette personnalité. A méditer.
Enfin il y a la question de la confiance à accorder par les Camerounais aux membres du Comité de normalisation de la Fécafoot qui ont été installés le 22 juillet 2012. Si de nombreux espoirs ont été
placés en Joseph Owona, Ngassa Happi et autres, ils sont nombreux qui ont vite déchanté. Non seulement parce que Joseph Owona a maintenu Tombi à Roko, l’un des caciques du régime Iya Mohammed, à son poste, mais aussi parce qu’il a refusé de procéder à l’audit des comptes de
la Fécafoot, comme le lui avait conseillé son vice-président, Emmanuel Ngassa Happi. De ce fait, il n’était pas possible de faire la différence entre les comptes du régime Iya et ceux dont allait bénéficier le Comité de normalisation. Un imbroglio financier qui était de nature à profiter à toute personne animée d’intentions pas claires en ce qui concerne la gestion des ressources financières de la Fédération camerounaise de football. Une attitude qui a d’ailleurs été la première pomme de discorde entre Joseph Owona et son vice-président, Emmanuel Ngassa Happi. Une discorde qui en
entraîner d’autres, jusqu’à la récente sortie musclée de l’ancien président de l’Union de Douala pour se désolidariser de l’action de Joseph Owona dans sa gestion de la crise dans la Ligue régionale du
Littoral. Et ce qu’est entre autres venu confirmer Emmanuel Ngassa Happi, c’est que Plusieurs membres du Comité de normalisation sont fâchés de la gestion autocratique et à la limite despotique du président dudit Comité. Une fissure qui s’est également vérifiée la semaine dernière, lors de la visite de travail des émissaires de la Fifa et de la Caf, au cours de laquelle Joseph Owona a tout mis pour tenir primo Corvaro et Prosper Abega à l’écart de tous les<< membres
dissidents >> et n’a convoqué aux assises que ceux-là qui chantent ses louanges. Emmanuel Ngassa Happi, Amadou Evélé, Ephraïm Ngwafor, pour ne citer qu’eux, n’ont pas été
conviés aux travaux. Maintenant que la prorogation du mandat est acquise, est ce que la
Fifa va faire en sorte que ceux des membres du Comité de normalisation qui se regardent en chiens de faïence se mettent à travailler main dans la main ? Car il faut le dire, il est désormais évident que la collaboration entre les membres du Comité est rendue quasi-impossible
par les attitudes du président dudit comité et d’ici au 31 mars, date de fin du mandat initial du Comité de normalisation, il est impératif nde faire quelque chose. Soit les membres du Comité se voient contraints de travailler ensemble et de collaborer obligatoirement, soit il faut changer quelque chose dans ce comité. Ainsi donc, après la prorogation du mandat du Comité de normalisation, l’on attend de savoir si les mêmes hommes qui le composent seront également reconduits dans leurs missions. Rendez-vous le 1er avril, en espérant que ce ne soit pas un poisson d’avril de très mauvais goût pour certains.
Steve Djouguela

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