Pollution : Les Républiques Cacaoyères d’Afrique volent au secours de Paris

24 mars 2014 0

Chez nous, en République Cacaoyère, la politique anti-pollution est un intelligent cocktail de délestage, d’abondance de route en terre battue, de coupure d’eau et d’absence de transport en commun.

Depuis le temps qu’on vous dit que la République Cacaoyère est l’avenir du monde, et notamment de la République Charcutière de France !
Depuis quelques jours, Paris et les villes d’à-côté sont dans un épais brouillard pisseux, un pic de pollution aux particules fines.  Les particules fines sont issues de manière artificielle des centrales thermiques (charbon, fioul) et les émissions des
tuyaux d’échappement des voitures, dont le diesel.

Le gouvernement de François Hollande, à la veille des municipales, en a profité pour mettre du beurre dans les épinards de l’électorat écolo, en imposant une réduction de la circulation automobile en Île-de-France : Aujourd’hui les voitures aux numéros d’immatriculation impaires, les hybrides et les voitures avec trois occupants, demain, au tour des voitures aux numéros pairs. Et il parait que ça a marché et que ça a réduit le nombre de bouchons.

On a surtout constaté chez les parisiens des pratiques dignes des capitales de Républiques Cacaoyères. Les habitants de Paris se sont mis à chercher leurs voisins ou des personnes ayant un véhicule autorisé à circuler proche de chez eux et allant  dans la même destination qu’eux. Ils appellent ça covoiturage, mais chez nous, c’est tous les jours  que ça se passe: tu as une voiture, tu t’arrêtes le matin à l’arrêt taxi, tu remplis la banquette arrière de 4 personnes, et deux côtés passagers et tu préviens que chacun doit avoir sa monnaie en poche. Le soir pareil ; ça permet de faire le plein du réservoir dans dépenser un kopeck.

Ce qu’on ne savait pas nous, et qu’on vient de découvrir, c’est que le clando (voiture de transport clandestine), c’est aussi écolo.
Une autre différence : le covoiturage en République Cacaoyère, il est forcé, pas optionnel ou ponctuel. Du coup, on comprend comment nos chefs d’Etats, ne s’embarrassent pas d’un ministère de l’écologie. N’est-ce pas, sa Majestueuse Excellence ? << Exact mon petit, nous on a une longueur d’avance sur les Républiques Charcutières d’Europe et d’Amérique du Nord. En
matière d’écologie, l’absence de transport public, d’industrialisation, de centrales thermiques, c’est
une forme de politique environnementale : quand une cultivatrice de cacao attends des heures un taxi pour se rendre au bureau, et se mets à marcher à pied pour aller ou rentrer du boulot, c’est écolo ; lorsque nous importons tout, sans rien produire, c’est pour éviter de polluer l’environnement avec des industries, la marche à pied, il n’y a rien de plus écologique ! >>

On va d’ailleurs citer une série d’options politiques choisies par les Chefs d’Etat de Républiques Cacaoyères pour des raisons de préservation de l’environnement : Les délestages d’énergie électrique, les coupures kilométriques d’eau, l’abondance des routes en terre battue et en nids de poules… ce sont des mesures prises pour limiter le réchauffement climatique et favoriser la sous-consommation des ressources naturelles. Plus développement durable, il n’y a pas.

Eco-abrutissement

Quand il manque d’électricité, pas de frigo, pas de télé, pas de climatiseur, donc moins de réchauffement climatique. Idem
avec les coupures d’eau : on préserve nos réserves d’eau courante. Le mauvais état des routes empêche la circulation de beaucoup de voitures, donc, une forme de taxe carbone ! En République Cacaoyère, on est à l’avant-garde de l’écologie, et pas besoin d’attendre des pics de pollution aux particules pour limiter le nombre de véhicules en circulation. Il suffit de payer les
fonctionnaires avec quelques jours de retard, ou des mois de retard (RCA), et il n’y a plus de voitures en circulation en République Cacaoyère, ça s’appelle taxe anti-pollution par arriérés de salaires !

Sa Majestueuse Excellence, pourquoi n’y a-t-il pas autant d’autoroutes chez nous qu’en Europe, et pourtant, c’est nous qui fournissons le pétrole à partir duquel on fabrique le bitume ? << Mon petit, il n’y a pas d’autoroute dans mon pays, c’est aussi pour limiter la pollution automobile…Voyez-vous, une autoroute provoquerait une
inflation d’importation de voitures puissantes et luxueuses, qui consomment beaucoup de carburant et polluent également…C’est pourquoi, nous préférons entretenir les routes en terre, et ne nous pressons pas pour construire des autoroutes. >> Comme pour la démocratie, en matière d’écologie, l’avenir de la République Charcutière de France se trouve donc en République Cacaoyère d’Afrique : les délestages d’électricité, l’absence d’autoroutes, les coupures d’eau kilométriques en jours, l’absence de transport en commun, voilà quelques astuces que le gouvernement de François Hollande peut venir copier, en multipliant les visites officielles en Républiques Cacaoyère d’Afrique. Ça s’appelle du transfert de technologies cacaoyères, et c’est aussi une forme d’éco-abrutissement !

François Bimogo

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